Participation du RIOB à la conférence sur l'eau de Kandy (Sri-lanka)
11 au 15 janvier 2002
Dans le cadre de la promotion du programme associé en Asie du Sud, un représentant du Secrétariat Technique Permanent du RIOB (Denis Fourmeau) a participé à la conférence sur l'eau de Kandy en janvier 2002.
Cette conférence s'articulait en deux parties :
Le représentant du RIOB avait été convié par les organisateurs Sri-Lankais afin d'apporter sa contribution aux discussions plénières et aux groupes de travail restreints qui se sont tenus au cours de ces journées ;et notamment lors des deux premières journées regroupant des représentants des " country water partnerships " des pays d'Asie du Sud (Pakistan, Inde, Sri Lanka, Népal, Bhoutan, Bangladesh)etdes bailleurs de fonds.
Les différentes présentations par pays ont mis en évidence à la fois une volonté générale de développer la gestion par bassins, mais aussi un certain manque de réalisme quant aux moyens à mettre en œuvre pour arriver à cet objectif. En clair, si les concepts de la gestion intégrée par bassins sont dans l'ensemble admis et compris, le sujet du financement (redevances, prix de l'eau) reste largement tabou. D'une certaine manière, cette attitude montre bien où en sont réellement ces différents pays en termes de mise en place d'organismes de bassin : l'on réalise de nombreuses opérations faciles et " gratuites " avec des ONG (mise en place de comités d'usagers à l'échelle d'un sous-bassin), ou des ateliers ou séminaires avec du financement du GWP ou d'autres bailleurs, mais lorsqu'il s'agit de créer réellement des organismes de bassin " sérieux " il devient très difficile de trouver des interlocuteurs et de mobiliser des financements. C'est justement là où le RIOB peut utilement aider.
Parmi les autres problèmes qui ralentissent la mise en œuvre d 'organismes de bassin en Asie du Sud, l'on peut citer aussi la très faible circulation d'information, non seulement d'un pays à l'autre, mais aussi à l'intérieur d'un même pays. Il est symptomatique de constater à cet égard qu'un représentant indien conseiller du gouvernement central citait le bassin de la Sabarmati comme un candidat potentiel pour un projet de gestion intégrée des ressources en eau, alors même que le gouvernement local du Gujarat a créé depuis l'an dernier ses comités de bassin à l'issue d'un projet mené depuis 1998 avec l'appui du Secrétariat Technique Permanent du RIOB !
Aujourd'hui, le Sri Lanka dispose déjà avec la Mahaweli River Authority (MASL) d'une organisation structurée qui a jusqu'alors joué essentiellement un rôle d'aménageur (barrages, infrastructures d'irrigation). Toutefois, la MASL est en train de se transformer en véritable organisme de bassin au sens du RIOB. Ainsi, Sri Lanka devrait être le pays leader de la région en termes de gestion intégrée par bassins, et la MASL l'agence coordinatrice pour le réseau régional d'Asie du Sud des organismes de bassin (MASL a déjà offert des facilités logistiques et du personnel pour démarrer cette activité, avec des fonds de la Banque Mondiale). Un plan de travail 2002-2004 (cf. pièce jointe) pour la mise en place du réseau a été approuvé lors de cette réunion. L'objectif est clairement de mobiliser des ressources de la part des bailleurs de fonds. Chaque pays devra identifier des bassins candidats. Une assistance technique pourra être apportée par l'IWMI à Colombo.
Le représentant du RIOB a rappelé que les objectifs du Réseau Asie du Sud étaient parfaitement cohérents avec ceux du RIOB, que le RIOB était donc disposé à apporter son aide à ces projets, et que nous serions heureux à terme d'accueillir le réseau Asie du Sud comme le troisième réseau régional du RIOB. Il importe toutefois pour le RIOB de ne pas apparaître comme voulant diriger cette initiative, sous peine de froisser les susceptibilités exacerbées des différents pays de la région. Dans un premier temps le RIOB devra donc offrir ses services (ex : hébergement du réseau sur le site web du RIOB) et conseils, en s'appuyant notamment sur les interlocuteurs Sri Lankais qui présentent l'avantage d'avoir des bonnes relations tant avec l'Inde qu'avec le Pakistan, pays sans l'accord conjoint desquels aucune initiative régionale ne pourra réussir…