update Mis à jour le
category Actualités
Face à l’intensification des sécheresses, des inondations et des tensions sur la ressource, les coopérations entre territoires deviennent un levier essentiel pour renforcer la résilience des bassins versants. Mis en œuvre par le RIOB, avec l’appui du RAOB, et soutenu par l’Union européenne, le projet Peer-to-Peer (P2P) mise sur l’échange direct entre organisations de bassin pour partager des solutions concrètes, des retours d’expérience et des outils opérationnels autour de la gouvernance de l’eau, des données hydrologiques ou des Solutions fondées sur la Nature (SfN).
À l’approche du Sommet Mondial des Bassins du RIOB, qui se tiendra du 16 au 19 juin 2026 à Rio de Janeiro (Brésil), à l’invitation du Secrétariat d’État à l’Environnement et au Développement Durable de Rio de Janeiro (SEAS), François-Xavier Imbert, adjoint au chef de projet P2P nous présente cette dynamique internationale qui illustre la nécessité de construire des réponses collectives, adaptées aux réalités locales et aux défis climatiques globaux.
Quel est l’objectif du projet P2P ?
Peer-to-Peer (P2P) vise à renforcer les coopérations directes entre organisations de bassin autour de problématiques très concrètes de gestion de l’eau : sécheresses, inondations, gouvernance, restauration écologique ou encore systèmes d’information.
L’idée est vraiment de partir des besoins exprimés par les partenaires eux-mêmes et de favoriser des échanges très opérationnels entre praticiens afin que chacun puisse monter en compétences grâce au partage d’expertises, d’expériences et de retours de terrain. Le projet s’inscrit également dans une réflexion plus large portée par la Commission européenne autour du renforcement de la résilience climatique, de la gouvernance de l’eau et de la coopération internationale entre territoires. Le soutien important de l’Union européenne traduit cette volonté de développer des coopérations concrètes et durables entre bassins, notamment dans des régions particulièrement exposées aux effets du changement climatique.
Qu’est-ce qui distingue cette approche ?
Le projet repose sur une logique de coopération entre pairs. On n’est pas dans un modèle descendant ; chaque partenaire apporte son expérience, son contexte, son histoire, ses réussites, ses difficultés et ses méthodes de travail.
Les coopérations se construisent progressivement autour de plans d’action conjoints, avec des échanges techniques, des visites de terrain, des webinaires et du partage d’outils. Par exemple, certains appariements travaillent sur les questions de gestion de la sécheresse et d’allocation de la ressource en eau entre usages. D’autres coopèrent autour des systèmes d’information sur l’eau et du suivi hydrologique en temps réel. Plusieurs appariements portent également sur les solutions fondées sur la nature, avec des échanges autour de la restauration de zones humides, des plaines d’expansion de crues ou encore de la prévention des inondations.
Quels enjeux sont les plus prégnants aujourd’hui ?
Les enjeux liés à l’adaptation au changement climatique sont très présents, notamment la gestion des sécheresses et des inondations. Nous observons aussi une forte demande autour de la gouvernance de bassin, des données sur l’eau et des solutions fondées sur la nature. Dans certains cas, les partenaires travaillent par exemple sur les difficultés liées au partage de la ressource entre agriculture, eau potable et préservation des écosystèmes.
D’autres cherchent à améliorer la coordination entre institutions intervenant à différentes échelles d’un même bassin. Certains appariements échangent également sur les outils numériques permettant d’améliorer les prévisions hydrologiques, les systèmes d’alerte ou le pilotage des ouvrages hydrauliques.
Que représente le Sommet Mondial des Bassins du RIOB, pour le projet ?
Le Sommet Mondial des Bassins 2026 constitue une étape importante pour valoriser les premières coopérations engagées et donner davantage de visibilité aux partenaires impliqués dans le projet.
Plusieurs temps seront spécifiquement consacrés à P2P pendant le sommet, avec notamment un atelier stratégique sur la construction des partenariats et les premiers retours d’expérience issus des appariements, ainsi qu’un second atelier davantage centré sur le parcours pédagogique et les échanges entre partenaires, notamment latino-américains, sur les thèmes de la gouvernance et des SfN.
L’objectif sera aussi de faire témoigner directement les organisations impliquées afin qu’elles puissent partager leurs attentes, les difficultés rencontrées mais aussi les premiers résultats très concrets qui commencent déjà à émerger sur le terrain.
Le projet vu par ses acteurs
Ousmane HANE – OMVG
Valérie BAYCHE – AEAG