La faune piscicole qui habite les rivières ne connaît pas de nationalités. Sa conservation et son développement, dans les rivières partagées entre deux ou plusieurs pays, nécessitent une méthodologie particulière et un schéma de gouvernance permettant d’articuler les intérêts.

La faune piscicole du fleuve Paraná, qui compte plus de 200 espèces de poissons à haute valeur écologique et économique, nécessite des politiques binationales efficaces pour sa conservation, ce qui rend indispensable une gestion coordonnée entre l’Argentine et le Paraguay.

En 1996, les deux pays ont signé la Convention pour la conservation et le développement des ressources ichtyologiques des tronçons partagés des fleuves Paraná et Paraguay, un traité international approuvé par leurs parlements respectifs. Sa mise en œuvre est assurée par la Commission mixte argentino-paraguayenne du fleuve Paraná (COMIP), qui coordonne les études scientifiques et leur traduction en politiques de gestion de la pêche.

Sous la supervision des ministères des Affaires étrangères, la COMIP travaille à la réglementation des périodes de fermeture de la pêche, à la protection des bancs de poissons, au contrôle de l’activité de pêche et à l’impact du changement climatique sur les écosystèmes aquatiques. En outre, elle s’occupe de la prolifération des espèces envahissantes, de la protection des espèces indigènes et de la gestion des pêcheries par le biais de réglementations binationales unifiées.

Cette approche de la gouvernance transfrontalière intègre la science, la politique et la gestion durable de l’eau, assurant la conservation de la biodiversité aquatique et le développement des communautés riveraines. Il s’agit d’un modèle de coopération pour la gestion intégrée des ressources en eau qui renforce la résilience des écosystèmes partagés.